Poulette et poussins…

C’est le Jeudi 5 Novembre 2015. Lorsqu’elle se présente au labo, en sortant de garde, la poulette ne le sent pas. Jusqu’il y a 2-3 jours, elle y croyait un peu, mais depuis, elle a perdu espoir. Plus de douleurs de règles, plus de sensations inhabituelles…

Assise à côté d’elle, une petite mamie qui porte des appareils auditifs attend son tour. L’infirmière appelle la poulette, mais la petite mamie croit entendre son nom et se lève…devant l’infirmière amusée, ordonnance de BHcg en main, qui fait gentiment rasseoir la grand-mère en disant à la poulette « je sais bien qu’on repousse l’âge de la maternité, mais quand même…il y a un temps pour tout! ».

« C’est le grand jour, alors… », commente l’infirmière en préparant ses tubes. La poulette acquiesce, peu convaincue, en regardant l’aiguille transpercer une fois de plus sa peau.

Une fois sortie du laboratoire, la poulette rentre se coucher. Les résultats ne seront disponibles qu’en début d’après-midi, autant commencer sa nuit! la veille, elle a acheté un test de grossesse, se disant qu’elle le ferait en rentrant du labo, pour se préparer psychologiquement à un nouveau négatif…mais ce matin, elle manque de courage. Le test reste dans sa boîte.

A son réveil, elle prend le temps d’attaquer son petit-déjeuner avant de se connecter au serveur de résultats. L’estomac noué, elle regarde son écran. Mais ne trouve que les résultats du dosage de Progestérone. Le coq s’impatiente déjà. Elle décide d’aller prendre sa douche et de se reconnecter plus tard (un négatif peut bien attendre…)

20 minutes plus tard, nouvelle tentative. La poulette retient son souffle en voyant que les résultats sont disponibles. Elle clique sur la page. Au lieu du « < 1 » habituel depuis 4 ans, elle voit s’afficher : 4-7-2. Elle regarde la date. Elle regarde le nom. Elle relit encore et encore ces trois petits chiffres. Elle réalise…que c’est bien elle. Que c’est bien aujourd’hui. Que c’est bien positif. Elle consulte les tableaux usuels des taux de BHcg et comprend quà J10 post-transfert, le sien est plus que bon. Elle pleure. Elle textote le coq. Elle repleure. Le premier positif de sa vie…

Deux semaines plus tard…frayeur, un soir. Du sang. La poulette respire à peine. Elle passe la nuit en apnée et file aux urgences le lendemain, tremblante. C’est ce jour-là qu’elle apprend qu’ils sont deux…deux petits sacs gestationnels bien placés, au creux de son utérus, dans lesquels on distingue déja deux petits embryons…moins de 3mm chacun…mais un coeur qui bat déjà, quasi plus gros qu’eux…et un décollement du trophoblaste qui lui vaut une mise au repos immédiate.

Une semaine plus tard. Rdv de contrôle avec son gynéco.Les deux petits embryons sont toujours là, les coeurs clignotent toujours sur l’écran, et ils ont déjà grandi.

Deux semaines plus tard. Nouveau rdv de contrôle chez le gynéco. Ils font 24,6mm et 27mm et la poulette entend leur coeur pour la première fois. Plus aucune trace de décollement…feu vert pour reprendre le travail, et déclaration de grossesse en poche.

Depuis, le temps passe vite et doucement à la fois…le cap des 12 Sa vient d’être franchi. Tout semble encore irréel. Ce bonheur attendu depuis une éternité…ces deux petits embryons qui, un matin d’automne, sont venus se nicher au creux de son ventre et ont trouvé l’endroit suffisamment douillet pour s’y pelotonner encore, et encore…ce corps malmené qui, malgré les traitements les plus forts, les techniques les plus à la pointe, n’avait jamais réussi à faire naître la vie, et qui, aujourd’hui, accomplit ce miracle jour après jour, simplement, comme si c’était la chose la plus naturelle du monde, celle à laquelle il avait toujours été destiné…sans que la poulette ne fasse rien…ces images d’échographie qui ne sont plus celles des autres, mais les siennes…cette sérénité qui succède à ces années de tempête…

La poulette couve, enfin, ses deux petits poussins, avec tout l’amour, le bonheur, et la reconnaissance dont son cœur est rempli.

Elle vous souhaite à toutes une merveilleuse année 2016, qui comble vos attentes et récompense votre force et votre persévérance.

<3 Merci la vie, merci le don.<3

 

Le fabuleux voyage de la poulette en République Tchèque

Octobre est finalement arrivé. Le compte à rebours sur l’IPhone de la poulette est passé de J-56 à J-10. A ce moment-là, la poulette a commencé à être en effervescence.

Et puis, le merveilleux dans l’histoire…c’est que le coq a eu envie de poursuivre l’aventure. Cette drôle d’aventure si éloignée du projet de départ…(1232,4km, pour être exacte).

Mercredi 21 octobre 2015 : le coq est sur les lieux. C’est à lui de jouer ce matin. Il découvre, le premier, Brno, la petite ville de République Tchèque qui abrite tous leurs espoirs, le tram n°1, la clinique aux murs roses…il a bonne impression.

Jeudi 22 octobre 2015 : la correspondante francophone annonce les premiers résultats de la ponction : 11 ovocytes prélevés, 10 matures et fécondés, 8 embryons qui présentent un très bon début d’évolution.

23 octobre 2015 : pas de nouvelle aujourd’hui. On laisse les embryons diviser leurs petites cellules en paix et au chaud dans leur étuve…

24 octobre 2015 : la poulette vérifie sa boite mail toutes les 5 minutes. Le mail attendu arrive : à J3, 6 embryons de 8 cellules, 1 embryon de 7 cellules, et 1 de 5 cellules. La poulette et le coq sont super contents (et soulagés). C’est de très bonne augure! et maintenant, il n’y aura plus de nouvelle, il faudra attendre lundi pour savoir si cette petite équipe a réussi à passer le cap du 5ème jour de culture…

Dimanche 25 octobre 2015 : jour de départ pour la poulette. Elle a fini ses dernières gardes, préparé ses bagages, son passeport, ses papiers, ses devises tchèques…elle est dans les starting blocks. Ce matin, aux aurores, elle part pour l’aéroport, chargée d’une petite valise grise et d’un immense espoir au fond du cœur. Dans la rue, elle a envie de crier à tout le monde qu’elle part chercher ses bébés. Même le côté glauque du Rer B ne ternira pas sa bonne humeur.

Lorsque l’avion décolle, la poulette réalise que c’est vraiment parti…elle essuie quelques larmes. Ce jour qu’elle attendait depuis des mois est enfin arrivé. Le jour se lève au dessus des nuages, serein, et le vol se passe sans trop de frayeur.

Arrivée à Vienne, en Autriche, la poulette rejoint le bus jaune qui l’emmènera à Brno. Par la fenêtre, de la musique classique sur les oreilles, elle aperçoit les paysages autrichiens puis tchèques. Elle sait que chaque km qui  défile la rapproche un peu plus de ses petits.

Brno, Hlavni nadrazi. Gare ferroviaire. Enfin arrivée à destination après ce long périple (8 heures)…et la nuit tombe déjà. Direction le tram n°1 pour regagner la petite pension où elle passera la nuit…tram qui passe devant la clinique…la poulette reconnait cette façade dont elle a tant de fois vu les images. Cette fois-ci, elle y est vraiment, c’est son tour.IMG_2099

La petite pension choisie, à quelques minutes même de la clinique, est un endroit simple mais joli. Au moment où la poulette passe la porte de sa chambre, entourée de ses porte-bonheurs et des petits messages d’amour et de soutien de ses proches, ses fenêtres donnant sur la clinique, elle se sent tout de suite chez elle.

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Une fois ses affaires installées, la poulette reprend le tram en direction du centre-ville. Elle y rencontre Marie (une internaute parisienne avec qui elle a eu quelques contacts les jours précédents, et qui a son transfert prévu le lendemain, dans la même clinique, une demi-heure après le sien), ainsi que son papa qui l’accompagne. Ensemble, il font connaissance autour d’un thé dans un salon de thé local. Très joli petit moment.

Après les avoir quittés, elle part dîner dans une brasserie conseillée par d’autres internautes (merci les Icsi 😉 ), en profite pour goûter à la bière tchèque et à l’une des spécialités : le goulash tchèque. Un délice (les deux!). Puis elle regagne son hôtel tranquillement, pour passer la nuit à quelques centaines de mètres de ses petits.

Lundi 26 octobre : jour J. C’est le cœur battant que la poulette gravit les marches du perron de la clinique. Photo cliniqueIl est midi moins 5. Elle est en avance de 20 minutes. Lorsqu’elle se présente à l’accueil du service de médecine de reproduction, elle est reçue par une secrétaire qui lui fait aussitôt remplir et signer les papiers d’usage. Elle lui signale que son timing est très serré, qu’elle doit reprendre un bus au centre-ville à 13h30 ; le médecin, qui passait par là, lui lance : « no problem! we have time! keep cool… » avec un grand sourire. On l’invite à patienter quelques minutes en salle d’attente, le temps que le médecin soit prêt à la recevoir.  Finalement, elle a à peine le temps de s’asseoir que celui-ci l’appelle déjà.

En s’asseyant dans le bureau, la poulette stresse. Elle se demande comment vont les petits, quelles nouvelles elle va apprendre…le (charmant) médecin coupe court à ses interrogations : les nouvelles sont formidables!!! elle se concentre pour enregistrer toutes les informations de la conversation en anglais : 6 blastocystes, voire peut-être 7…ils se mettent d’accord pour transférer aujourd’hui les deux plus beaux (le médecin détaille bien les risques et complications d’une grossesse gémellaire, mais la poulette en est bien consciente étant donné son métier, et ils sont prêts à cette éventualité avec le coq…elle l’explique au médecin). Il lui dit penser pouvoir en vitrifier 3, 4, voire 5 autres si vraiment la chance leur sourit.

La poulette retourne en salle d’attente le temps que le laboratoire prépare les deux petits embryons. Elle s’empresse d’envoyer les merveilleuses nouvelles au coq et à la p’tite bouille.

Quelques minutes plus tard, une infirmière l’accompagne en salle de transfert, au bout du couloir. Elle lui désigne un petit cabinet dans le coin pour poser ses affaires et se déshabiller, et un drap à enrouler autour de sa taille pour se couvrir. L’infirmière l’installe sur la table, s’assure de sa bonne position, sans la découvrir à aucun moment. La poulette est stupéfaite et touchée de ce respect de son intimité, si différents de la violence de la prise en charge française. Ensuite, tout va très vite : on lui montre les deux embryons sur un écran. Elle aperçoit deux blastocystes éclos, deux petits astres parfaits, ronds et bleutés comme deux pleines lunes…le médecin se prépare. L’infirmière tient la sonde d’échographie sur son ventre. Une biologiste apporte le cathéter et vérifie son identité. Un instant plus tard, c’est déjà fini. On aperçoit la petite bulle blanche dans son utérus…l’infirmière appuie sur l’échographe pour imprimer un cliché et le lui tend en disant : « first picture! ». Tout le monde sourit. Le médecin lui souhaite bonne chance. Et la poulette…ben…la poulette… elle pleure. L’émotion est grande. Et si…cette fois, enfin, était la bonne?…2x HB1...

Après un petit moment de repos allongée dans la salle, l’infirmière revient la chercher pour la raccompagner à l’accueil. On lui remet une petite pochette avec le compte-rendu des « opérations ». En salle d’attente, elle aperçoit le papa de Marie (qui est déjà en salle de transfert), discute quelques minutes avec lui avant de repartir pour le centre-ville, où l’attend son bus de retour pour Vienne (elle apprendra plus tard que les nouvelles sont excellentes pour elle aussi, et que tout s’est également très bien passé!).

Puis le trajet de retour, son trésor au creux du ventre…le tram n°1…le bus jaune pour Vienne…le vol pour Paris…la Tour Eiffel qui scintille par le hublot de l’avion à 19h…et la lune ronde au dessus de Notre Dame de Paris.Pleine lune Notre Dame

Jeudi 29 octobre 2015 : des nouvelles de République Tchèque…ce ne sont pas 3, pas 4, pas 5, mais 6 petits blastocystes qui ont pu être vitrifiés…(3HB et 3XB, pour les connaisseuses…). La poulette et le coq sont aux anges. C’est une chance extraordinaire.

Un fabuleux voyage, une merveilleuse aventure que celle-ci…

Le compte à rebours de la poulette

4 ans.

4 ans déjà.

Après des dizaines d’échographies endo-vaginales, de thérapeutiques en tous genres (hormone de croissance, ostéopathie, acupuncture, magnétiseur…), des centaines d’injections

Après une coelioscopie sous anesthésie générale

Après une nouvelle hystérosalpingographie l’ayant laissée à plumes et en larmes sur une table de radio, et un médecin qui dit qu’il la rappelle mais qui ne la rappelle jamais

Après une nouvelle hystéroscopie pourtant réalisée par une praticienne douce et patiente, l’ayant laissée à plumes et en larmes…parce que c’en est trop, trop de tout ça, et que la violence physique et morale au bout de ces 4 ans est si grande qu’elle en devient intolérable

Après 7 gynécos, 3 centres de pma, des centaines de rdv et de consultations, 6 inséminations intra-utérines, 6 Fiv dont 4 avec transfert(s), 56 ovocytes ponctionnés, 23 embryons formés, 11 embryons mis au chaud sous les plumes

Après tant d’espoir, de combat, d’échecs, de désespoir

Le temps est venu d’emprunter un autre chemin.

Dans moins de deux mois, la poulette s’envolera vers d’autres contrées pour y accueillir d’autres petits oeufs, sans doute plus costauds, à couver sous ses plumes.

Brno, République Tchèque, J-56.

 

Il était une fois, une poulette…

Il était une fois, une poulette. Qui venait de faire sa 4ème Fiv au mois d’avril 2015. Qui avait changé de médecin et de centre, pour essayer autre chose, ailleurs…qui avait tenté tous les traitements possibles et imaginables : patchs de testostérone, capsules d’antioxydants, injections d’hormones de croissance, stim à doses de cheval, vasodilatateurs…qui avait fait tout ce qu’elle avait pu, donné tout ce qu’elle avait pu…qui avait finalement récolté, le Vendredi 17 Avril 2015,  9 ovocytes, dont 8 « utilisables », puis 4 petits embryons jolis…qui avait accueilli au creux de son cœur et de ses plumes, le Lundi 20 Avril 2015, les deux plus beaux d’entre eux, et qui avait placé tout son amour, tout son espoir, en ces deux petits points blancs sur l’écran d’échographie…cherchant du regard d’autres yeux que les siens pour les voir avec elle, les espérer avec elle…qui s’était ensuite gavée de soleil, reposée, espérant que les deux petits en profitent, et que cela leur donne envie de rester…qui avait appris que les deux autres petits embryons n’avaient pas réussi à passer le cap des 5 jours…qui avait prié, supplié, imploré, pour qu’une divinité, quelle qu’elle soit, l’entende enfin…qui avait attendu, attendu, et senti que les petits étaient partis…qui était allée faire sa prise de sang quelques jours plus tard pour confirmer le négatif qu’elle savait déjà. Qui savait aussi, alors, qu’une page douloureuse allait devoir se tourner.

Il était une fois une poulette qui venait de fêter ses 2 ans de Fiv (et 3 de Pma, et 4 de galère)…une poulette au ventre vide…une poulette blessée, de cette blessure d’humanité qu’est l’infertilité  ; une poulette pauvre, de ces milliers d’euros engloutis dans des honoraires de gynécos, d’anesthésistes, de laboratoire, de cliniques…une poulette usée, cabossée, humiliée, par ces années d’examens, de tentatives râtées, d’effraction dans son intimité, de violence dans sa féminité…une poulette qui avait perdu l’entrain et l’humour qu’elle avait au démarrage de ce blog.

Il était une fois une poulette, qui aujourd’hui, allait refermer le livre de l’histoire de la poulette et du coq. Qui n’écrirait jamais, en guise d’épilogue, « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants »…une poulette qui disait adieu à un rêve : celui de donner un papa à ses enfants, celui qu’elle avait choisi pour eux, celui qui l’avait choisie pour eux, et avec lequel elle avait fait un si long et dur chemin…une poulette qui ne mettrait jamais au monde un poussin issu du mélange d’elle-même et du coq…qui ne saurait jamais à quoi ressemblerait cet enfant, ce qu’il aurait eu d’elle, ce qu’il aurait eu de lui…

Il était une fois une poulette, qui ne mettrait peut-être même jamais au monde un poussin issu du meilleur d’elle-même…qui n’aurait peut-être jamais le droit, la chance, de lui transmettre ses gènes, un peu du sang d’un être cher trop tôt disparu…qui n’aurait peut-être jamais le plaisir de reconnaître en lui ces petites choses qui la font elle : l’habileté de ses mains, sa créativité, sa patience, la couleur de ses yeux, l’un des traits de son visage, la tâche de naissance de sa cuisse…

Il était une fois une poulette, qui ne mettrait peut-être même jamais au monde de poussin.

Il était une fois…une poulette qui avait de la peine. Trop de peine, et pas assez de ses pattes et de ses plumes pour la porter.

La poulette sort de son hibernation

Décembre 2014 :

– l’échec de la Fiv3 Bis

– un café partagé avec une « copinaute » pleine de sagesse et d’empathie, mais aussi porteuse de force et d’espoir, quelques pistes pour continuer…( 😉 )

– un point avec le coq, et une décision commune : tenter ensemble la Fiv4, puis poursuivre ensuite leur chemin, ensemble si la chance leur sourit, ou chacun de leur côté si malheureusement ce n’était définitivement pas le cas.

–  une décision de changement de gynéco et de centre pour la dernière Fiv, pour finir les choses ailleurs, loin de ces lieux synonymes d’échecs, et tenter de nouvelles stratégies…

– une coelio bookée à la vitesse de l’éclair…passage à l’acte à double tranchant. Le sentiment d’une bonne chose de faite, parce qu’il fallait aller voir ce qu’il se passait, enlever ce qui devait être enlevé…mais aussi, celui d’une mutilation, d’une chose de plus à faire subir à son corps, et cette éternelle question : pourquoi avoir à passer par tout cela? quand d’autres se font si peu de mal, pour arriver au même but. Et encore… »au même but », pas vraiment…(pour eux, ça marche).

– 3 petites cicatrices sur le bas ventre, pour marquer le territoire sinistré, et se rappeler à jamais que rien ne s’y passera de façon normale…

– l’impression d’une ascension infernale. Quand il y a besoin de toujours plus de soins médicaux, de plus d’expertise, de plus de technique, pour compenser ce le corps/la nature/la vie ne peuvent faire seuls.

– une grande tristesse, une grande lassitude, une grosse fatigue

– une entrée en hibernation, le temps de se reconstruire une nouvelle fois après tout ça, physiquement, moralement…

Mars 2015 :

– la sortie de la grotte hivernale…de nouvelles perspectives, un reste d’espoir, ténu mais bien présent.  

– une Fiv 4 espérée en Avril

– une réflexion pour l’étranger…si jamais…

« Hang On Little Tomato » (PINK MARTINI)

The sun has left and forgotten me
It’s dark, I cannot see
Why does this rain pour down
I’m gonna drown
In a sea
Of deep confusion
Somebody told me, I don’t know who
Whenever you are sad and blue
And you’re feelin’ all alone and left behind
Just take a look inside and you will find
You gotta hold on, hold on through the night
Hang on, things will be all right
Even when it’s dark
And not a bit of sparkling
Sing-song sunshine from above
Spreading rays of sunny love
Just hang on, hang on to the vine
Stay on, soon you’ll be divine
If you start to cry, look up to the sky
Something’s coming up ahead
To turn your tears to dew instead

 

And so I hold on to his advice
When change is hard and not so nice
You listen to your heart the whole night through
Your sunny someday will come one day soon to you

La poulette et les mots d’une autre

Quand parfois, les mots d’une autre nous parlent, nous touchent, nous remuent…

Merci Madame Pimpin.( http://lanatureahorreurduvide.wordpress.com/2014/12/11/la-vitre/#comments )

« Avant, j’ignorais l’existence même de la vitre. Je vivais sans trop me poser de questions, un jour heureuse, le lendemain un peu moins, ma petite existence n’ayant pas été épargnée des chagrins que l’on peut tous rencontrer dans la vie, un chagrin d’amour par ci, le deuil plus ou moins facile d’une personne âgée par là… mes joies et peines n’avaient rien de bien remarquable. Alors je ne voyais pas la vitre, je ne remarquais pas le halo de buée que mon souffle formait sur sa surface lisse, je ne sentais pas le froid qui s’en dégageait quand on s’en approche trop près. Normal, quand on est du bon côté de la vitre et qu’on n’a jamais mis les pieds dehors, on n’y voit que son propre reflet. Dehors il fait trop noir, dedans la lumière irradie.

Et puis j’ai connu le désespoir et j’ai passé plusieurs hivers du mauvais côté de la vitre. Les moments les plus difficiles étaient ceux des fêtes de fin d’année, hantée par mon bébé disparu, puis le deuxième, tourmentée par mes bras vides et l’insoutenable incertitude de ne pas savoir s’ils se rempliraient un jour pour serrer autre chose que de gentils petits fantômes d’enfants non nés ou jamais conçus. Alors c’est là qu’elle s’est matérialisée, lorsqu’à chaque fois qu’un élan de courage me poussait à tenter de regagner la lumière, je me heurtais systématiquement à la froide dureté du verre. Je voyais les autres à l’intérieur, ils riaient, passaient du bon temps, faisaient des enfants et les couvraient de cadeaux, réglaient leurs petits chagrins et savouraient leurs petites joies, machinalement sans trop s’en rendre compte. J’avais mal de les voir dedans quand le froid du dehors noir d’encre mordait mon coeur déchiré.

Je suis repassée du bon côté de la vitre surtout grâce à une chance inouïe, aussi grâce à la science, et un peu grâce à ces élan qui m’ont permis malgré les heurts de ne jamais cesser de vouloir retraverser la vitre. Mais quand on repasse du bon côté de la vitre, quand on regagne la chaleur douillette de la cheminée, que l’odeur du sapin décoré sans que l’ombre d’un vague à l’âme flotte autour de nous, la vision que l’on peut en avoir n’est plus tout à fait la même.

Si on s’approche de la vitre, ce n’est plus seulement notre reflet que l’on peut y apercevoir. En transparence, à travers la buée de notre souffle, on continue de voir ces yeux, les yeux de ceux qui errent encore dehors.

Parfois ce sont des compagnons de combat aux côté de qui on a lutté avec acharnement. Il est alors facile de leur dire avec les yeux comme on pense à eux, comme j’aimerais que vous soyez toutes au chaud pour toujours et pas seulement pour cette allégorie des fêtes de fin d’année, mais que l’odeur rêvée des petits cheveux de bébés se mette pour de bon à emplir vos petits bouts de nez trop habitués à pleurer et que vos mains caressent d’autres petites mains toutes douces.

Parfois ce sont des gens que l’on a pas connus dehors mais que l’on a observé quand ils étaient au chaud et que nos mains étaient glacées. Alors on ne peut pas faire grand chose pour ces inconnus que l’on voit se débattre comme des diables dans l’obscurité. »

Fin de la Fiv 3 Bis de la poulette et du coq

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Il y a eu…de jolis signes…des prières…des petites bougies dans des églises…des petits boutons d’orchidée…du sucre pour la cigogne…de jolis mots d’amour…

Mais cela n’aura pas suffi. La Fiv 3 Bis s’est achevée comme les précédentes. Les 3 petites bulles de vie n’ont pas tenu. Pourtant, tout a été si différent cette fois. La poulette sait bien qu’elles ont essayé de s’accrocher, de toutes leurs forces…à DPO 7, 8, elle n’a pas rêvé les seins qui tirent, et cette sensation si particulière.

Malheureusement, l’heure n’était pas encore venue. Les trois petites pépites s’en sont allées rejoindre leurs 6 petits frères et sœurs. Et comme eux, elles ont emporté avec elles un morceau de vie, un morceau de la poulette.

Alors ce qu’elle veut garder de cette tentative, la poulette, ce sont les jolis signes, les prières, les petites bougies dans des églises, le sucre pour la cigogne, les jolis mots d’amour…

…même si Noël 2014, ce sera encore le bonheur des autres, les enfants des autres…comme 2011…comme 2012…comme 2013.

…même si aujourd’hui, elle entrevoit l’éventualité d’une vie sans enfant, et que ça fait très froid à l’intérieur.

 

Le « Liebster Award » de la poulette

Parce qu’au-delà des doutes et des petites violences quotidiennes, il faut bien continuer son chemin, et écrire parfois autre chose que du triste et du moche…(en attendant le doux et le beau…un jour peut-être…).

La poulette est peu présente sur la blogosphère, et participe rarement aux défis et autres challenges communs. Néanmoins…ayant été gentiment nominée par une copine blogueuse, ILGC( http://unbebeespoirdetoi.wordpress.com) elle s’est prêtée au jeu, avec un grand train de retard…merci d’avoir pensé à moi!

Voici donc le « Liebster Award » made in Violette :

Cite 11 anecdotes te concernant :

1) Quand j’étais petite, un jour j’ai préparé une valise (de poupée :) ) et j’ai dit à mes parents que je partais en voyage en montgolfière.

2) Je suis une amoureuse de la langue française. Les « malgré que », « la copine A ma sœur », les fautes d’accord ou le langage sms me hérissent les poils.

3) J’adore le café. D’ailleurs, je ne suis pas à 100% opérationnelle avant le premier café du matin…et il ne faut surtout pas venir me prendre la tête avant. C’est sacré.

4) Une fois, j’ai retiré 30 Euros au distributeur extérieur de mon bureau de poste. J’avais la tête ailleurs. J’ai repris ma carte bancaire et oublié de récupérer les billets. Quelques minutes plus tard, j’ai réalisé que je ne me souvenais pas avoir rangé les billets dans mon sac…j’ai décidé de revenir sur mes pas au cas où…une petite dame passée derrière moi au distributeur les avait déposés au guichet!!! (ndlr : ce jour-là, j’aurais dû essayer de tomber enceinte!!!)

5) Je déteste le vert. Y’a rien à faire. Bouh!

6) J’ai passé des années à « côtoyer » une chanteuse connue avec une bande de copines, et vécu de chouettes moments en tournée, sur les routes, dans des loges…ce sont de supers souvenirs.

7)  J’adore les cœurs. J’en mets partout. En déco dans mon appart, sur les petits mots doux que j’écris, sur les pansements,/perfusions/sparadraps des bébés que je soigne à mon travail…

8) Je suis plus « salé » que « sucré ». En cas de fringale, je rêve de pain/saucisson/cornichons, de chips ou de gâteaux apéro plus que de Nutella.

9) J’ai fait une énorme crise de vertige il y a 2 ans. Depuis, je ne dors PLUS JAMAIS sur le côté gauche.

10) J’adore cuisiner. Mon truc préféré, c’est le pain et les brioches maison…je pourrais m’asseoir devant mon four juste pour le plaisir de voir la pâte lever, dorer, en humant l’odeur délicieuse qui envahit l’appart…

11) J’ai une meilleure amie unique, à qui il arrive tout le temps toutes sortes de trucs, et qui a, entre autres, l’art de transformer les expressions connues ou d’en inventer (« en rajouter une louche », « ça t’en bouche un trou, hein?! »…etc etc).

Réponds aux 11 questions suivantes :

1- Que serait ton pouvoir magique ?

– La fertilité…(quoi? c’est pas un pouvoir magique?!!!)-. Le don d’ubiquité.

2- Quel métier voulais-tu faire étant petite ?

A 5 ans, je jouais déjà à l’infirmière sur mes poupons et poupées avec ma petite voisine, blouse et coiffe à l’appui (on a des vieux Polaroid pour preuve!)…pas de mystère, donc…

3- Quel métier voudrais-tu faire à présent ?

Le mien, et aucun autre.

4- Trois mots pour te décrire ?

Calme. Gentille. Patiente.

5- Quel est ton pire souvenir de PMA ?

La douleur des Bêta hCG négatives qui marquent officiellement la fin d’une tentative.

6- Quel est ton meilleur souvenir de PMA ?

Pas vraiment de meilleur souvenir, mais un moment préféré : celui des premiers jours qui suivent un transfert d’embryons…cette sensation d’immense espoir, d’immense douceur, ce moment où on sait qu’ils sont là, qu’on les porte en soi, que tout est encore possible…

7-Plutôt champagne ou mojito ?

Aucun des deux, je n’aime pas l’alcool et ne le supporte pas bien.

8-Quel est ton parfum, livre ou film préféré ?

J’ai plusieurs parfums favoris, que je laisse et reprends selon les saisons. En ce moment, « Petite chérie » d’Annick Goutal…en hiver, « L’eau d’ambre » de l’Artisan parfumeur…de temps en temps, « Bois farine » de l’Artisan parfumeur, ou « Musc » de Réminiscence.

10- Quel est l’activité/sport/loisir où tu excelles ?

On me dit très habile de mes mains. (ndlr : avant d’imaginer toutes sortes de choses, lecteur vicieux, lis la suite!!!). Cuisine, tricot, couture, cosmétiques naturels…j’ai toujours un truc en cours!

11- Tu veux bien me raconter une dernière anecdote sur toi ?

Pour toi ILGC, puisque nous sommes des « consoeurs », deux petites anecdotes de boulot en guise de clin d’œil.

– Il y a 1 an ou deux. C’était l’été, il faisait très très très chaud…un papa, dont la femme donnait le sein à son nouveau-né, m’a demandé très sérieusement : « Mais, avec la chaleur, son lait, y va pas tourner???! »…(!!!) (Papa Cas soc’ : 1. Puéricultrice : à terre.)

-Il y a quelques jours. Une heureuse maman de triplés au parcours éprouvant (multiples Fiv en France, plusieurs fausses-couches, puis finalement 2 Fiv-DO à l’étranger) racontait qu’on lui avait parlé d’un Saint qui était pourvoyeur de fertilité. Un jour, mettant un cierge à l’église, elle leva la tête et vit la statue du Saint en question. Elle n’avait pas de monnaie pour le cierge et laissa un billet. Elle pria. La Fiv en cours lui apporta ces trois petits bouts de vie tant attendus. <3