Mais qui est la poulette?

My name is Bond Poulette. Violette, Poulette.. I’m 34 years old.

Oup’sss. Sorry. Google page>clique droit>traduire>french. On reprend.

La poulette s’appelle Violette. Elle a 34 ans (et demi…).

Elle travaille dans une grande maternité parisienne. Son univers, c’est la néonat. Elle dégaine la tétine à la vitesse de la lumière, est capable de tenir un biberon avec le menton, de changer une couche les yeux bandés, de préparer des antibiotiques à doses liliputiennes sur un seul pied, de poser une sonde gastrique dans une bouche de puce ou une perfusion dans une veine de fourmi sans faire pleurer ; elle a une 3ème main (spéciale « rot »), des tympans résistant aux hurlements supersoniques, un coeur aux normes anti-sismiques (même en cas d’alarme rouge de niveau 8 sur l’échelle de Scop’er), une deuxième paire d’yeux (agréés « lumière bleue ») greffée dans le dos, un cerveau conventionné « règles de 3 », un nez de survivor (caca, vomi, Eoprotine-pouahh!-…) et une vessie en béton armé (jusqu’à 12h d’efficacité, testée et approuvée, élue produit de l’année). Sa formation, c’est un diplôme d’état d’Infirmière Puéricultrice, additionné d’une maîtrise optionnelle en technologie appliquée (resserrer les boulons du cache de l’appareil à photothérapie avec une pince à clamper les cordons ombilicaux / recoller la coque du bilitest avec du sparadrap / graisser les roues des berceaux des nouveaux-né qui grinçent -les berceaux, pas les nouveaux-nés!…quoique…- avec de l’huile de massage-bébé…). Son langage, c’est un jargon étrange : cathlon, PEA, Edin, G30%, Guthrie, GGD, résidus, dextro, tunnel. Son job, c’est de veiller sur des petits d’Homme ; des petits oisillons tombés du nid, des gros oiseaux surpris par la vie ; elle prémâche des vers donne la becquée prend soin des pressés, des traînards ; des freluquets, des potelés ; des trop jaunes, des trop blancs, des trop rouges, des trop bleus…(ictère, anémie, polyglobulie, cyanose…) ; des qui pausent, des qui manquent d’air, des qui s’oublient (apnée, désaturation, bradycardie…) ; des qui chauffent, des qui gèlent, des qui manquent de carburant, des qui colonisent (hyper/hypothermie, hypoglycémie, infections materno-foetales…) ; des bienheureux, des inconsolables ; des affamés, des écoeurés ; des français, des maghrébins, des chinois, des africains, des pakistanais…Voilà toutes les nuances de sa palette, sa palette de poulette. La toile est riche et colorée. Elle peint depuis 9 ans maintenant.

Violette n’est pas son vrai nom, c’est le pseudo sous lequel elle officie ici et là, sur la toile, depuis quelques années…mais Violette, « Vio » pour les intimes, c’est un vrai bout d’elle. Cela lui évoque sa couleur préférée, le sucre des bonbons à la violette (même que le coq, il est né à Toulouse, ville de la Violette!), le souvenir d’une glace à la violette dégustée avec sa meilleure amie un soir d’été, dans un petit glacier, tout en haut d’un petit village de Provence…bref, un vrai bout d’elle, et un petit bout de douceur de vivre.

Le début de l’histoire de la poulette

Il était une fois une poulette trentenaire et solitaire qui, l’horloge biologique tournant, avait très peur de ne jamais avoir de poussin(s). Elle n’était ni plus bête qu’une autre, ni plus moche qu’une autre, non, juste une petite poulette ordinaire qui n’avait pas réussi à voir en un coq le coq de sa vie, ni à faire en sorte qu’un coq voie en elle la poule de sa vie…

Pour elle qui rêvait depuis une éternité de couver, le temps semblait de plus en plus long…elle commençait même à en perdre des plumes.

Faute d’avoir trouvé le coq de sa vie, elle décida donc de partir à la recherche du papa-coq de ses futurs poussins…elle erra sur internet (voui, parfaitement, une cyber-poulette!), organisa des combats castings de coqs, et après quelques errances, assez facilement au fond, elle LE trouva. LE papa-coq parfait…qui, à cette première époque, vivait dans son poulailler, avec un autre coq. Et qui, lui, avait besoin d’une poulette pour faire de lui un papa.

Ce fut le début d’une histoire destinée à être semée d’embûches, mais ça, ni la poulette, ni le coq ne le savaient.