The poulette is back

La poulette est de retour.

Elle sniffe son Synarel depuis plus d’une quinzaine de jours pour endormir les ovaires (ndlr : pas trop de difficulté de ce côté-là, c’est plutôt dans l’autre sens que ça se corse!), tout va bien. Le matin, qu’il pleuve, qu’il vente, qu’elle travaille ou qu’elle soit en repos, le réveil sonne pour sniffer, aucune pitié. La nuit, elle passe son temps à faire l’étoile dans son lit à cause des bouffées de chaleur nocturnes et des réveils toutes les 2h…la journée, comme il faut varier les plaisirs, elle oscille entre maux de tête modérés et migraines la tête dans la cuvette…(on va dire qu’elle s’entraîne pour plus tard, au cas où…). Bref, tout va bien. La poulette est paracétamolisée, voire codéinisée.

Lundi 27 janvier. Aujourd’hui, c’est prise de sang. Aujourd’hui, la  poulette est en formation. Tout est orchestré à la minute près : saut dans le tram, descente au labo sur le chemin de la formation,  arrivée au labo à l’ouverture, prise de sang, re-saut dans le tram et arrivée à l’heure à ladite formation…sauf que quand la poulette arrive, à l’ouverture (parce que dans ce  labo-là ils ont la bonne idée de n’ouvrir qu’à 7h30…), y’a plein de vieilles poules et vieux coq retraités (tu vois le genre, de ceux qui ont du temps, et qui racontent leur vie à l’infirmière…) qui ont eu la même idée qu’elle et ont déjà assiégé les lieux. Et merde. A ce moment-là, la poulette a encore un peu de marge. Elle se met dans la file d’attente, pessimiste. Arrivée devant le comptoir de la secrétaire, elle se fait confirmer qu’être piquée et ressortie dans le quart d’heure relèverait du miracle…ok, bon. Plan B. Vite. La poulette re-saute dans le tram en Google-isant « Laboratoire analyses médicales ». Le  tram est plus rapide que Google, il passe à ce moment-là devant une magnifique enseigne de labo…ahhhhhhhhhh!!!!!!!! arrêtez!!!!!!!!! Vite vite vite, elle remonte la rue en sens inverse, remet son collant sur le visage béret sur la tête (perdu dans la course folle) et fait une arrivée fracassante dans le labo, brandissant son flingue ordonnance, intimant à la secrétaire de mettre le cash dans le sac boucler l’affaire le plus rapidement possible. Hop hop hop, grâce à un personnel terrorisé super réactif, 8 minutes plus tard, le sang est dans les tubes, la voilà repartie, et elle arrivera avec 10 minutes d’avance à sa formation. La poulette est triomphante! :)

Le même soir, la poulette a rendez-vous avec Dr Fiv et Miss Sond’écho pour un contrôle technique. Elle y va direct en sortant de formation…et attend 2h (les rdv du lundi…les pires…). Contrôle technique ok. Il est 22h quand elle rentre chez elle…journée de 15h…la poulette est affamée et rétamée.

Mercredi 29 Janvier. La poulette sort de chez son pharmacien munie de sa came pour les 15 jours à venir. Armée jusqu’aux dents (de là vient l’expression : « quand les poule-tte-s auront des dents »…). Prête à terrasser l’ennemi. La poulette est parée.

Jeudi 30 Janvier. Dr Acupuncture donne les dernières consignes avant l’offensive. Les p’tites aiguilles balisent le territoire. Le soir, l’assaut est donné. La poulette a le poing levé. La guerre est déclarée!

THE POULETTE AUX HORMONES IS BACK.

 

La poulette remotive ses troupes

Mon premier est un accessoire de jeu dont les faces sont numérotées.

Mon second est un instrument utilisé pour fendre le bois.

Quand on est précautionneux, on peut marcher sur mon troisième.

Mon 4ème commence l’alphabet.

Mon tout est le nom du dernier traitement de la poulette, depuis fin-juillet 2013, et ce pour une durée approximative de 3 mois, avec l’espoir de remotiver ses  gros glandus de  collaborateurs les ovaires.

T’as trouvé ?

(toi aussi, joue avec la poulette! envoie ta réponse en com’! 😉 )

Parce que le truc, c’est qu’après débrief complet des opérations de juillet dernier, Dr Fiv et la poulette se sont rendus compte que les ovaires cachaient bien leur jeu. Ils font illusion. Quand on interroge leurs collègues directs ( Melle FSH, Mr Oestradiol, Mme AMH, Mme Lh, Mme Progestérone…) ils donnent vraiment l’apparence de bosser normalement. (« Normalement »…on s’entend : ils n’ont plus la fougue de leur jeunesse, mais ils sont encore capables d’assurer). Et puis quand on les regarde à l’écho à l’irm d’un peu plus près, on voit qu’en fait, ils se la coulent douce. Ils ne donnent même pas la moitié de ce qu’ils seraient capables de donner…et quand la poulette voit ça, elle a un peu les boules. Car elle, elle ne les ménage pas, ses efforts, elle se donne corps et âme sur chaque campagne, sans relâche. Alors elle aimerait bien qu’ils fassent preuve d’autant d’enthousiasme qu’elle.

C’est pourquoi lorsque Dr Fiv lui a proposé, fin-juillet, en plein deuil d’embryon, de tenter cette nouvelle médication stratégie destinée à booster son équipe en vue de la prochaine campagne, la poulette a immédiatement été partante. Elle a même eu l’immense joie (1) d’apprendre qu’en même temps, ça allait booster sa libido…bon bon bon…ça lui fait une belle patte, ça…(doit-elle rappeler qu’elle est une poulette…SANS COQ -du moins, « charmant »-?!).

(1) Ndlr  : ironie…tu connais?!

 

Les « essais » de la poulette

Pendant plus d’un an, tous les mois, sans relâche, ils vivent au rythme des « essais »…plus de vacances, plus de week-end plannifiés à l’avance…impossible. Elle, scruttant, chaque cycle, les signes envoyés par son corps, devenant une experte de la glaire cervicale (!), une pro des tests d’ovulation, le cerveau fonctionnant plus en « J11- J12 – J13- J14 » qu’en jours du mois, jonglant entre les nuits de travail et les périodes propices aux « essais »…lui, écumant les sites internet à la découverte du fonctionnement fascinant de l’appareil reproducteur féminin, et à la merci du sms sur son téléphone portable qui lui dirait : « c’est positif! c’est le moment! »…la valse glamour des p’tits pots et de la pipette…chez elle, chez lui…à midi, et à minuit…(au soleil, sous la pluie…;) )…puis, à chaque fois, les 2 semaines suivantes, l’attente infernale, le doute, l’espoir, le « psychotage »…et finalement, au bout du compte à rebours…l’éternelle cruelle déception. Rouge vif, la déception.

Après plus d’un an d’essai, autant de « ça va venir, y’a pas de raison » « faut l’temps qu’ça prenne », des remèdes de grand-mères, des « techniques » diverses (non, vous voulez pas VRAIMENT savoir…?!!), plusieurs bilans hormonaux (papiers en règle, circulez, tout va bien), une hystérosalpingographie (trompettes perméables, tout va également bien), de multiples échographies endovaginales (entrez! c’est porte-ouverte!…tout va toujours bien), un nouveau spermogramme (allez les petits, aujourd’hui on part en balade!…tout va encore bien), et 3 tests de Hünher (négatifs, le gros mystère des spermatozoides fantômes…là ça va plus très bien…)…après tout ça, la seule conclusion à tirer est tirée : ça ne vient pas, et ça ne viendra pas. Il va falloir changer de stratégie.

Comment la poulette s’est jetée à l’eau

Tout commence en 2011 lorsque, lasse d’attendre le coq charmant, de plus en plus dévorée par l’urgence de devenir mère, la poulette décide de se lancer dans un projet qu’elle mûrit depuis bien longtemps : celui d’avoir un enfant avec un coq qui ne serait ni son « amoureux », ni son amant, mais un « copapa-coq », un partenaire dans cette immense et merveilleuse aventure qu’est la parentalité. Alors elle s’inscrit sur des sites spécialisés, et elle commence à étudier des profils, à échanger avec des personnes intéressées. Sa démarche est claire et réfléchie, elle est déterminée, elle ne doute que du fait de trouver le « bon » partenaire.

La poulette et le coq se rencontrent un jour d’Avril 2011. Elle a 32 ans (et demi…), lui presque 31.  Elle se souvient qu’il est le 2ème. Avant lui, elle a rencontré un couple de coqs, sans avoir réellement le « feeling » ; après lui, elle rencontre quelques autres coqs, sans conviction, pour avoir des éléments de comparaison, être sûre de son choix…mais c’est un peu comme un « coup de foudre amical ». Sa meilleure amie, d’ailleurs, la conforte très vite dans son ressenti. Dès leur rencontre, elle sait qu’il est le bon. Posé, motivé, intelligent, responsable, à l’écoute…quelques similitudes dans leurs expériences de vie…quelqu’un de bien, et de bienveillant. Toutes les qualités qu’elle recherchait pour le père de son/ses enfant(s). Ils prennent quelques mois pour apprendre à se connaitre, passent quelques jours de vacances ensemble, font connaissance de leurs familles respectives…

Au mois de Septembre 2011, ils démarrent les examens médicaux (rendez-vous gynéco, bilan hormonal pour elle, spermogramme pour lui, sérologies diverses pour tous les deux…), elle attaque les tests d’ovulation pour surveiller ses cycles, et fin-octobre 2011, ils franchissent un 1er pas symbolique : le premier « essai » de conception de leur enfant, par insémination « artisanale » (un p’tit pot, une p’tite pipette…besoin d’un dessin?!).