C’est risqué, la vie de poulette

On ne croirait pas, mais si. On frôle la mort à chaque instant.

Hier soir, juste en sortant de chez la p’tite bouille (sa meilleure amie, tu suis?!), vers minuit, la poulette est interpellée par des cris chelous, quelques mètres en face. Stridents. Aigus. Du jamais entendu. Ca faisait à peu près : « kai kai kai kai », avec un bruit de grosse baston en arrière plan. Intriguée, la poulette traverse la rue pour voir de quoi il retourne. Dans la pénombre, elle aperçoit 2 formes qui s’agitent. Elle a la chair de poule (normal! c’est une poulette!). Elle s’approche. La bagarre prend fin. L’une des formes prend la fuite devant la poulette : un animal au pelage foncé, un peu long, avec une queue touffue (non! pas un homme! un ANIMAL, on a dit! t’as les idées mal placées!!!). Qui ressemble à un furet, sauf que c’est beaucoup plus gros. A un écureuil, sauf que c’est encore plus gros. Une fouine?! (forcément la poulette a immédiatement appelé la CIA p’tite bouille pour l’avertir du danger imminent. A cette heure-ci, la p’tite bouille a revêtu son imper, attrapé son calepin et, loupe en main, elle est sur le terrain, où elle mène une enquête sur ledit animal).

Après la bataille de fouines-belettes-martres (désolée, la p’tite bouille n’a pas encore les résultats des empreintes ADN), la poulette reprend sa route. 100m plus loin, une TARENTULE descend en rappel au bout de son fil (les cours d’escalades sont nocturnes pour les tarentules), NOIRE, HIDDEUSE sur le fond blanc d’une porte de garage. Effrayée, la poulette effectue un entrechat d’un style contestable, tandis qu’un son fleuri sort de son bec. Ca fait à peu près : « Oh put*!@¤#! » !!!

Ce matin. En rentrant de sa (1257 ème) prise de sang. La poulette marche tranquille derrière des collégiens. Attaque de pigeon myope (après les lapins crétins, le pigeon con). Arrondissement de dos, mouvement de tête funky pour éviter le projectile. Les collégiens crient un truc qui fait à peu près : « azy, là!!! » en se retournant pour suivre le volatile bigleux des yeux (le plus grand, dont le crâne a servi de pré-piste d’atterrisage, a les cheveux dressés comme dans les pubs Vivelle Dop). La poulette pense : « p!!! mais kesss ki aif, la-uissss?!!!!!! »*. Les collègiens et la poulette se regardent. Hilarité générale.

Non, vraiment, c’est risqué, la vie de poulette.

* Ndlr : traduction : « mince, mais qu’est-ce qu’il fait, celui-là? »!

Ndlr Bis : pour les news, consulter le billet « Fivera, fivera pas ».

Ndlr Ter : la poulette est inquiète. Ce matin à la 1ère heure sur Facebook, la p’tite bouille lui a envoyé la photo d’une fouine et lui a demandé, en commentaire, si la fouine mettait le chocolat dans le papier d’alu…(les empreintes ADN n’ont rien donné, elle ne la croit pas…pourtant, la poulette l’a vue, de ses yeux vue!!!). La poulette a peur de finir en hôpital psychiatrique.

Ndlr Quater : la poulette est allée voir « fouine » sur Google Images. Elle trouve que sur la 5ème image en partant de la gauche, on dirait la p’tite bouille quand elle est vé-ner. La ressemblance est frappante. A la différence que la p’tite bouille est allée chez le dentiste récemment pour un détartrage.

La meilleure amie de la poulette

Aux premiers balbutiements de ce blog, il serait impossible à la poulette de poursuivre sans dédier un billet à cette personne si chère à son coeur, qui porte le surnom de « p’tite bouille ».

Il est parfois des rencontres inattendues, presque hasardeuses, qui débouchent sur des amitiés fortes et sincères. Ca tient à peu de choses. Une voix, une passion, des voyages…

Mais quand l’Est rencontre le Sud et l’Ouest réunis, quand la sagesse rencontre la folie, quand le nuage rencontre le soleil, quand la tristesse rencontre le sourire, c’est une vie entière qui s’en trouve changée.

A toi qui m’accompagnes depuis tout ce temps, qui m’as soutenue dans le pire, et attends avec moi le meilleur ; toi à qui je voue une affection et une tendresse infinies ; toi à qui je dois toute mon ouverture d’esprit, toute ma jeunesse d’esprit ; toi qui as fait et fais de moi une plus belle personne ; toi avec qui je parle verlan, avec qui je ris des pubs Oasis, toi qui la connais, la douleur, du doigt de pied cogné dans la table…

Ma gratitude à ton égard est ineffable. Je t’aime dans ton énergie, dans ta gourmandise, dans ton  » extrêmitude « , dans ton autodérision, dans ta « têtise » (têtue, bêtise… 😉 ). Merci pour ton amitié, ta complicité, ta fidélité, ta loyauté, aujourd’hui ici, demain peut-être ailleurs…parce qu’il faut savoir laisser partir les gens qu’on aime, quand le temps est venu, et que je te soutiens et te soutiendrai dans tous les choix que tu feras, vers ton bonheur à toi.

Je te dédie, à travers les pages de ce blog, même si je n’ai pas ton talent, l’une des choses que tu manies à la perfection, et dont tu fais ton arme la plus précieuse dans la vie : l’humour.

 

Mais qui est la poulette?

My name is Bond Poulette. Violette, Poulette.. I’m 34 years old.

Oup’sss. Sorry. Google page>clique droit>traduire>french. On reprend.

La poulette s’appelle Violette. Elle a 34 ans (et demi…).

Elle travaille dans une grande maternité parisienne. Son univers, c’est la néonat. Elle dégaine la tétine à la vitesse de la lumière, est capable de tenir un biberon avec le menton, de changer une couche les yeux bandés, de préparer des antibiotiques à doses liliputiennes sur un seul pied, de poser une sonde gastrique dans une bouche de puce ou une perfusion dans une veine de fourmi sans faire pleurer ; elle a une 3ème main (spéciale « rot »), des tympans résistant aux hurlements supersoniques, un coeur aux normes anti-sismiques (même en cas d’alarme rouge de niveau 8 sur l’échelle de Scop’er), une deuxième paire d’yeux (agréés « lumière bleue ») greffée dans le dos, un cerveau conventionné « règles de 3 », un nez de survivor (caca, vomi, Eoprotine-pouahh!-…) et une vessie en béton armé (jusqu’à 12h d’efficacité, testée et approuvée, élue produit de l’année). Sa formation, c’est un diplôme d’état d’Infirmière Puéricultrice, additionné d’une maîtrise optionnelle en technologie appliquée (resserrer les boulons du cache de l’appareil à photothérapie avec une pince à clamper les cordons ombilicaux / recoller la coque du bilitest avec du sparadrap / graisser les roues des berceaux des nouveaux-né qui grinçent -les berceaux, pas les nouveaux-nés!…quoique…- avec de l’huile de massage-bébé…). Son langage, c’est un jargon étrange : cathlon, PEA, Edin, G30%, Guthrie, GGD, résidus, dextro, tunnel. Son job, c’est de veiller sur des petits d’Homme ; des petits oisillons tombés du nid, des gros oiseaux surpris par la vie ; elle prémâche des vers donne la becquée prend soin des pressés, des traînards ; des freluquets, des potelés ; des trop jaunes, des trop blancs, des trop rouges, des trop bleus…(ictère, anémie, polyglobulie, cyanose…) ; des qui pausent, des qui manquent d’air, des qui s’oublient (apnée, désaturation, bradycardie…) ; des qui chauffent, des qui gèlent, des qui manquent de carburant, des qui colonisent (hyper/hypothermie, hypoglycémie, infections materno-foetales…) ; des bienheureux, des inconsolables ; des affamés, des écoeurés ; des français, des maghrébins, des chinois, des africains, des pakistanais…Voilà toutes les nuances de sa palette, sa palette de poulette. La toile est riche et colorée. Elle peint depuis 9 ans maintenant.

Violette n’est pas son vrai nom, c’est le pseudo sous lequel elle officie ici et là, sur la toile, depuis quelques années…mais Violette, « Vio » pour les intimes, c’est un vrai bout d’elle. Cela lui évoque sa couleur préférée, le sucre des bonbons à la violette (même que le coq, il est né à Toulouse, ville de la Violette!), le souvenir d’une glace à la violette dégustée avec sa meilleure amie un soir d’été, dans un petit glacier, tout en haut d’un petit village de Provence…bref, un vrai bout d’elle, et un petit bout de douceur de vivre.

Le début de l’histoire de la poulette

Il était une fois une poulette trentenaire et solitaire qui, l’horloge biologique tournant, avait très peur de ne jamais avoir de poussin(s). Elle n’était ni plus bête qu’une autre, ni plus moche qu’une autre, non, juste une petite poulette ordinaire qui n’avait pas réussi à voir en un coq le coq de sa vie, ni à faire en sorte qu’un coq voie en elle la poule de sa vie…

Pour elle qui rêvait depuis une éternité de couver, le temps semblait de plus en plus long…elle commençait même à en perdre des plumes.

Faute d’avoir trouvé le coq de sa vie, elle décida donc de partir à la recherche du papa-coq de ses futurs poussins…elle erra sur internet (voui, parfaitement, une cyber-poulette!), organisa des combats castings de coqs, et après quelques errances, assez facilement au fond, elle LE trouva. LE papa-coq parfait…qui, à cette première époque, vivait dans son poulailler, avec un autre coq. Et qui, lui, avait besoin d’une poulette pour faire de lui un papa.

Ce fut le début d’une histoire destinée à être semée d’embûches, mais ça, ni la poulette, ni le coq ne le savaient.