Il était une fois, une poulette…

Il était une fois, une poulette. Qui venait de faire sa 4ème Fiv au mois d’avril 2015. Qui avait changé de médecin et de centre, pour essayer autre chose, ailleurs…qui avait tenté tous les traitements possibles et imaginables : patchs de testostérone, capsules d’antioxydants, injections d’hormones de croissance, stim à doses de cheval, vasodilatateurs…qui avait fait tout ce qu’elle avait pu, donné tout ce qu’elle avait pu…qui avait finalement récolté, le Vendredi 17 Avril 2015,  9 ovocytes, dont 8 « utilisables », puis 4 petits embryons jolis…qui avait accueilli au creux de son cœur et de ses plumes, le Lundi 20 Avril 2015, les deux plus beaux d’entre eux, et qui avait placé tout son amour, tout son espoir, en ces deux petits points blancs sur l’écran d’échographie…cherchant du regard d’autres yeux que les siens pour les voir avec elle, les espérer avec elle…qui s’était ensuite gavée de soleil, reposée, espérant que les deux petits en profitent, et que cela leur donne envie de rester…qui avait appris que les deux autres petits embryons n’avaient pas réussi à passer le cap des 5 jours…qui avait prié, supplié, imploré, pour qu’une divinité, quelle qu’elle soit, l’entende enfin…qui avait attendu, attendu, et senti que les petits étaient partis…qui était allée faire sa prise de sang quelques jours plus tard pour confirmer le négatif qu’elle savait déjà. Qui savait aussi, alors, qu’une page douloureuse allait devoir se tourner.

Il était une fois une poulette qui venait de fêter ses 2 ans de Fiv (et 3 de Pma, et 4 de galère)…une poulette au ventre vide…une poulette blessée, de cette blessure d’humanité qu’est l’infertilité  ; une poulette pauvre, de ces milliers d’euros engloutis dans des honoraires de gynécos, d’anesthésistes, de laboratoire, de cliniques…une poulette usée, cabossée, humiliée, par ces années d’examens, de tentatives râtées, d’effraction dans son intimité, de violence dans sa féminité…une poulette qui avait perdu l’entrain et l’humour qu’elle avait au démarrage de ce blog.

Il était une fois une poulette, qui aujourd’hui, allait refermer le livre de l’histoire de la poulette et du coq. Qui n’écrirait jamais, en guise d’épilogue, « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants »…une poulette qui disait adieu à un rêve : celui de donner un papa à ses enfants, celui qu’elle avait choisi pour eux, celui qui l’avait choisie pour eux, et avec lequel elle avait fait un si long et dur chemin…une poulette qui ne mettrait jamais au monde un poussin issu du mélange d’elle-même et du coq…qui ne saurait jamais à quoi ressemblerait cet enfant, ce qu’il aurait eu d’elle, ce qu’il aurait eu de lui…

Il était une fois une poulette, qui ne mettrait peut-être même jamais au monde un poussin issu du meilleur d’elle-même…qui n’aurait peut-être jamais le droit, la chance, de lui transmettre ses gènes, un peu du sang d’un être cher trop tôt disparu…qui n’aurait peut-être jamais le plaisir de reconnaître en lui ces petites choses qui la font elle : l’habileté de ses mains, sa créativité, sa patience, la couleur de ses yeux, l’un des traits de son visage, la tâche de naissance de sa cuisse…

Il était une fois une poulette, qui ne mettrait peut-être même jamais au monde de poussin.

Il était une fois…une poulette qui avait de la peine. Trop de peine, et pas assez de ses pattes et de ses plumes pour la porter.

21 réflexions sur “Il était une fois, une poulette…

  1. Oh ma toute belle, je n’ai ni plume, ni pattes, mais j’ai de grands bras remplis d’affection pour te serrer très fort… C’est injuste… J’ignore quelle sera la suite de l’histoire, mais en tout cas, j’ai espoir qu’un jour, pas si lointain, un (plusieurs?) joli petit poussin vienne piailler dans les pattes de sa mère… Je t’embrasse fort. <3

  2. Ma belle, ma chère Violette, je ne saurais te dire à quel point je suis malheureuse pour toi. J’ai eu beau y croire de toutes mes forces et espérer, croiser, penser à toi sans cesse, cette Fiv 4 et tout ce qui allait avec n’auront pas permis de t’offrir ce bonheur que tu attends si fort.
    Je sais que je ne suis pas la mieux placée pour te réconforter, mais je suis là, et tu peux être certaine que je veux être là encore et encore pour toi, pour te réconforter, pour la suite, pour te faire rire ou de prendre dans mes bras pour pleurer. Je t’embrasse fort et ne cesse de penser à toi <3

  3. Oh ma petite Poulette… Que tes mots me touchent et comme j’aimerais t’apporter un peu de réconfort pour réchauffer tes plumes ébouriffées, et comme j’aimerais pouvoir changer l’histoire… Je ne peux qu’espérer que tu ailles mieux, que le prochain chapitre soit heureux et que tout ce chagrin s’éloigne de toi. Je t’embrasse fort.

  4. Comme je suis peinée pour toi….
    J’ai du mal à trouver les mots qui vont.
    Je pense souvent à toi et je ne trouve pas les mots. Ils jouent à cache cache quand je les cherche. Si tu pouvais seulement faire un plongeon dans mon coeur, tu saurais que je pense fort à toi, souvent. Quand il rit, quand il pleure…
    Je suis mal, mal à l’aise de tous ces malheurs autour de moi, le tien, celui de Mel et Flo.
    Cette maternité que j’ai eu, moi aussi, du mal à trouver mais que j’ai pourtant trouvée.
    Cette maternité que j’apprivoise encore tous les jours un peu…
    J’imagine que tu vas prendre le temps pour te ressourcer un peu, que dis-je… beaucoup.
    Que vas-tu faire? Quelles pistes vas tu explorer maintenant?
    Le bola t’attend, que ton petit poussin ait tes gènes… ou pas.
    Il est gardé précieusemen dans mon tiroir à culottes et il n’attend que d’être porté.
    Je t’embrasse, mes mots sont mal trouvés, mal empruntés, je n’y arrive pas.
    Mais toute mon energie va vers toi.
    C.

  5. Des pensées ici aussi… ton texte me ravage le coeur… mais c’est bien je trouve que les mots sortent. Toujours si justes en plus.
    Je suis sûre que le Tome 2 sera bien plus heureux Violette ! Alors j’espère que tu vas pouvoir t’y atteler bientôt, quand tu auras repris des forces, si tu en as toujours envie d’ailleurs. J’imagine qu’il existe un point de non retour, lorsque la lassitude est trop grande ? Mais tu n’y es pas encore, je crois hein ?
    Comme je te l’ai déjà dit ailleurs, j’espère que cette histoire de gène sera vite oubliée, car honnêtement, objectivement, en tant que deuxième maman non bio, je te promets qu’une fois que le petit bout est dans tes bras, tu n’en as que faire des gènes. En tout cas moi c’est vraiment le cadet de mes soucis… et je finirai en te disant que ton petit poussin sera créatif car il te verra, et tu lui apprendras… tout n’est pas génétique, heureusement, alors je te souhaite simplement la grossesse que tu attends tant, depuis tant d’années, et vite…
    Je t’embrasse et t’envoie un million de joules de soleil !

  6. C’est trop dur de trouver les mots (je pense qu’ils n’existent pas). Une telle page à tourner c’est bien lourd…
    Je pense très fort à toi même si je me fais discrète.

  7. Je suis vraiment désolée pour toi. Je sais à quel point on se sent seule et perdu dans ce moment. Il n’y a pas de mot qui te soulagera sache juste que nous sommes là.
    Courage

  8. Je découvre avec beaucoup de retard ton post si poignant qui m’a pris aux tripes. J’avais espéré pour toi et le coq une issue meilleure.
    Tant d’efforts pour rien, je ne peux que compatir et crois-moi j’imagine bien ta douleur car je prends le même chemin.
    Mais je veux croire que la vie te fera un jour un cadeau inattendu et que, pour le moins, l’avenir sera plus doux. Tiens bon, demain est un autre jour et le soleil reviendra.Je t’embrasse fort.

  9. Petite poulette,

    J’ai découvert ton blog seulement aujourd’hui alors que ton dernier post date de presque deux mois jour pour jour…

    Je ne sais pas comment tu vas petite poulette ni ce que tu deviens mais j’espère qu’un jour, petite poulette, tu passeras donner des nouvelles.

    Je ne sais pas quel mot utiliser pour te réconforter, pour te soutenir.

    Je te souhaite beaucoup de bonheur. Je ne sais pas quelle forme aura ce bonheur, mais je te souhaite du bonheur.

  10. Bonjour à toi petite Poulette,
    je pense que tout cela est question de cheminement et que la FIV avec don (je crois que c’est ça) peut apporter ce bébé dans ton ventre. C’est une question de gamète après tout et franchement mes ovocytes à moi étaient pas tops avec des doses de stimulation très importantes. Là, nous venons de bénéficier de 5 ovocytes de compet (en France, je sais j’ai eu beaucoup de chance) et 5 beaux embryons ont commencé leur vie (espérons).
    Et puis pour nous désormais, cette FIV c’est un peu la surprise du chef, on ne l’attendait plus ou pas … bref … être parents oui, pour moi le moyen c’est pas le plus important. En fait il y a d’autres chemins même sans ventre rond non? Pas un chemin facile à faire mais pour nous un chemin plein d’espoir, de vie , c’est celui de l’adoption. Je m’imagine avec un petit poussin tombé de son nid , que nous allons adopter et qui va être notre petit poussin, notre enfant.

    • Merci pour ton commentaire…je ne suis pas sûre d’avoir bien compris, les 5 ovocytes, ce sont les tiens ou c’est un don d’ovocytes en France?
      Pour moi c’est un peu ça, à priori : des ovocytes pas top (pourtant j’en ai encore, c’est ça le pire, à chaque ponction une dizaine…) malgré des doses de stim maximales. Enfin c’est ce que supposent les médecins.
      Je comprends ton raisonnement, effectivement l’important est d’être parent au bout du chemin, d’une façon ou d’une autre ; néanmoins pour moi la grossesse est une chose que j’attends depuis longtemps et que je souhaite vraiment vivre…l’adoption n’est pas une option, encore moins en tant que femme célibataire.
      Etes-vous en période pré-transfert? pour quand cela est-il prévu?
      Je te souhaite bonne chance!

      • Oui c’est ça. On a bénéficié d’un don de 6 ovocyte pour une FIV avec don d’ovocyte en France. Cela a donné 5 embryons J2 et j’ai ai peut être deux en moi et 3 sont repartis dans le congélo du CHU.
        Longue procédure pour y arriver…. mais là ça semble tout simple une fois que ça se fait. C’est notre dernière FIV de toutes les façons, c’est la 4 ième avec transfert.
        Mes ovocytes à moi n’étaient pas tops non plus.

        Ha oui l’adoption en France n’est pas ouverte aux personnes célibataires et l’étranger je ne connais pas trop … j’imagine que c’est compliqué.

        Moi ventre rond ou pas, pas d’importance , juste être maman

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