Le blues de la poulette

31 Mai 2013.

A l’aube du mois de Juin, la poulette doit bien reconnaître qu’elle est mal barrée. Entre des ovaires narcoleptiques, un Oestradiol à la réactivité d’un diesel, des spermatos au sens de l’orientation douteux, un Dr FIV qui veut laisser passer un cycle de repos, et un coq qui part en vacances en Juillet…elle se dit qu’elle a vraiment une équipe de bras cassés. Comme à son vrai job, tiens…(oui, parce que l’AMP, c’est l’activité BENEVOLE  de la poulette , hein, qu’on soit bien d’accord…ça paraît fou, vue l’ampleur de la chose, mais la poulette n’est pas payée pour ça…). Donc, à son vrai boulot aussi, on disait, c’est joyeux. Après les aide-soignantes, c’est les puer qui s’y mettent : une en congé maternité d’une durée de 14 mois (on ne naît pas tous égaux, que veux-tu…), une qui contracte à 26SA et des brouettes, une autre qui contracte encore plus tôt, et une dernière qui se tire…;) (ndlr : la dernière qui reste, à part la poulette, elle est ménopausée…pfffiou!!!! on est sauvés!!!!…quoi que…y’a bien 2 remplaçantes…une un peu périmée, mais une jeunette à surveiller…on n’est pas à l’abri d’une nouvelle grossesse catastrophe…)…une équipe de bras cassés. Cherche pas.

13 jours après le lancement de la campagne « FIV n°1 transformée en Insémination n°5  » , la poulette ayant passé la moitié de sa journée au lit à cause d’un horrible mal de crâne, elle sait déjà que les chiffres ne seront pas concluants. Le lendemain, le résultat tombe, écrit à l’encre rouge : c’est négatif. Bon. Comme d’habitude, finalement…(Hey! what did you expect?!)

Elle a le blues, la poulette. Parce que ce qu’il faut savoir, c’est que l’AMP, c’est comme un jeu de hasard. Là déjà, quand on sait ça, ça commence mal, car la poulette n’est pas très joueuse. Non pas qu’elle n’aime pas ça, au contraire, c’est juste qu’elle n’a pas la main chanceuse. Comme pour faire un bébé (sauf que pour faire un bébé, c’est pas tout à fait la main, c’est plutôt…enfin…euh….?!). Ensuite, à ce jeu-là, quand tu perds, non seulement tu retournes à la case départ, mais en plus, tu écopes de pénalités. Tu passes ton tour, une fois, ou deux, ou trois (selon les cartes que t’as tirées : kystes aux ovaires, absence de ton coq, vacances de ton gynéco…). Hé oui! c’est l’jeu ma pauvre Lucette Poulette! et là tout de suite, la poulette se dit que s’il faut attendre jusqu’à Août, ou Septembre, elle peut direct aller se pendre dans son poulailler, avec un brin de foin. 

Elle a le blues, la poulette. Une chose est sûre, au moins : elle est totalement raccord avec le temps qu’il fait dehors. Il pleure dans son coeur, comme il pleut sur la ville…(ça, c’est Verlaine, référence littéraire n°3, ami inculte). Et là tout de suite, la poulette te laisse, il faut qu’elle aille l’essorer, son coeur. (Ndlr : penser à acheter une essoreuse automatique. C’est fatiguant, à la longue).

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